CÔTE D’IVOIRE / Interview exclusive/ Congrès de l’UNJCI-Jean Claude Coulibaly « JC » (Psdt de l'UNJCI) : Ce qu’il dit du report du congrès De son bilan De son favori à l’élection de la présidence de l’UNJCI

Publié le : 14/02/26 - 00:12

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Texte par : David Grandet

Jean Claude Coulibaly « JC », Président sortant de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), vit ses derniers moments   à la tête de l’UNJCI. Avant de passer la main à son successeur, il a bien voulu s’exprimer sur son parcours à la tête de l’Union des Journalistes de Côte d’Ivoire, de l’élection de la nouvelle ou du nouveau président de l’UNJCI dont l’élection a été reportée d’une semaine à la suite d’une rencontre avec le Ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly dit « AM’S ».

 

 La date du Congrès est-elle maintenue ?

Non, le Congrès a été reporté aux 20 et 21 février prochains.

L’UNJCI est une organisation qui œuvre pour la paix et la cohésion sociale. Pour aller à un Congrès ordinaire apaisé, le Conseil d’Administration et le Conseil Exécutif, après une rencontre avec le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement et toutes les parties prenantes, ont décidé de décaler nos assises d’une semaine pour mettre tout le monde à l'aise et rassurer les deux camps quant à notre bonne foi de faire de l’élection à la présidence de l’UNJCI, un modèle de transparence.

 

 « Notre Union est régie par des textes, une tradition démocratique et une culture institutionnelle que nous tenons à  préserver »

 

De toutes les façons, le Congrès aura lieu aux nouvelles dates indiquées. Parce que la démocratie interne ne saurait reculer sous la pression.

 

Pourquoi cette rencontre avec le ministre à 48 heures du Congrès ?

Nous sommes dans un pays où l’information est stratégique. À l’approche d’échéances importantes pour la nation, il est évident que la stabilité du secteur des médias intéresse l’État.

 La rencontre avec le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, s’inscrit dans cette logique : prévenir toute crise inutile, éviter toute dérive et rappeler l’enjeu national que représente notre profession.

Mais je le dis sans ambiguïté : l’UNJCI décide souverainement. Le Congrès n’est ni piloté ni influencé. Il appartient aux journalistes.

 Quel appel lancez-vous pour une élection empreinte de confraternité ?

Je lance un appel à la lucidité stratégique. Une corporation divisée est une corporation affaiblie.

 Or, dans un contexte marqué par les fake news, la manipulation de l’opinion et les tensions préélectorales, les journalistes ivoiriens ne peuvent pas se permettre le luxe de l’implosion interne. La compétition est légitime. La destruction mutuelle serait une faute collective.

 Avez-vous atteint vos objectifs durant vos deux mandats ?

Nous avons transformé l’UNJCI. Lorsque nous sommes arrivés, l’Union traversait des turbulences internes et un déficit de visibilité institutionnelle. Six ans plus tard, l’UNJCI est un interlocuteur respecté des pouvoirs publics, un acteur consulté sur les grandes questions médiatiques et une organisation plus structurée. Nous avons renforcé la formation, repositionné les Ebony comme une référence nationale et consolidé notre crédibilité. Ce sont des faits.

 Votre plus grande réussite ?

Avoir redonné à l’UNJCI du poids politique et institutionnel. Aujourd’hui, lorsqu’il est question de régulation, d’éthique, de responsabilité ou d’environnement médiatique, la voix de l’UNJCI compte. Nous avons compris que l’influence ne se proclame pas, elle se construit. Et nous l’avons construite.

Votre plus grand échec ou regret ?

Mon regret est de ne pas avoir pu aller plus loin dans la sécurisation économique de la profession. Tant que le journaliste reste économiquement vulnérable, il demeure exposé aux pressions. Nous avons ouvert des chantiers, mais la bataille pour la dignité sociale des journalistes doit se poursuivre avec encore plus de détermination.

 L’idée des 0,01 % du budget national va-t-elle disparaître ?

Certainement pas. Les 0,01 % ne sont pas une revendication corporatiste ; c’est une vision stratégique. Un État qui veut lutter efficacement contre la désinformation et renforcer la qualité de l’information doit investir dans l’écosystème médiatique.

Il ne s’agit pas de dépendance, mais d’un mécanisme transparent et encadré, au service de la démocratie.

Cette idée survivra, parce qu’elle est pertinente.



Avez-vous un favori ?

Je n’ai pas de favori. Mais je souhaite que le prochain président comprenne que diriger l’UNJCI n’est pas gérer un club électoral. C’est piloter une institution stratégique dans un environnement politique sensible.

Il faudra du sang-froid, de la hauteur et une vision claire des rapports de force.

Que doivent retenir vos confrères de votre passage ?

Que j’ai assumé un leadership dans les moments faciles comme dans les moments difficiles. Que je n’ai jamais utilisé l’UNJCI comme tremplin personnel. Et que j’ai toujours privilégié l’intérêt supérieur de la profession, même lorsque cela exigeait des positions fermes.

Que doit retenir l’Opinion ?

Que durant six ans, l’UNJCI a été un facteur de stabilité dans l’espace médiatique ivoirien. Dans une période où l’information peut devenir une arme, nous avons plaidé pour un journalisme responsable, rigoureux et conscient de son impact sur la paix sociale. La liberté de la presse est une conquête. Mais sa crédibilité est un combat permanent. Et ce combat, nous l’avons mené avec détermination.

Interview réalisée par David Grandet


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