
L'entrepreneur guinéen Ibrahima Bella Bah jugé pour « insulte public » sera situé sur son sort demain mercredi.
Bella Bah était lundi devant le tribunal de première instance de Dixinn. Il est poursuivi pour injure public, le fondateur de l'école « Les Dragons », a comparu à la barre . Entre dénonciation de privations durant sa garde à vue, plaidoyer pour la jeunesse et clémence religieuse, l’audience a captivé l’assistance.
Un calvaire carcéral dénoncé à la barre
Dès l'ouverture des débats, l'accusé est revenu avec émotion sur les conditions brutales de son arrestation survenue le samedi 8 août 2026 dernier au sein même de son établissement scolaire.
« C'est le 8 août que j’ai été kidnappé dans mon école. J’ai vu des agents qui sont venus dans un pick-up. Ils m’ont pris pour m’envoyer à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). J’ai été auditionné jusqu’à 3 heures du matin, avant d’être conduit dans une cellule. Le samedi et le dimanche, je n’ai rien mangé », a-t-il dénoncé devant le juge.
Malentendu numérique et défense républicaine
Interrogé sur le fond de l'affaire, l'activiste guinéen a fermement rejeté les accusations d'attaques personnelles. Il affirme que sa publication visait une corporation et non une personnalité précise. « Le destinataire de mon message n’est pas le premier imam. Je n’ai pas nommé quelqu’un dans ma publication. Vous ne verrez pas sur ma page où j’ai expressément mentionné le nom d’Elhadj Mamadou Saliou Camara. Je me suis adressé aux religieux de façon générale.
J’interpellais les imams, les musulmans qui s’immiscent dans la vie politique».
Se présentant comme un patriote dévoué à l'avenir de son pays, le fondateur des « Dragons » a rappelé son rôle social majeur : «
Je forme plus de quatre cent (400) élèves et j’encadre une trentaine de personnes. Je n’ai jamais eu l’intention d’injurier, de calomnier ou de diffamer qui que ce soit. Mes propos ont peut-être été mal interprétés. Je demande au tribunal de tenir compte de mon parcours et de me permettre de continuer à éduquer, à encadrer et à inspirer les jeunes».
L'un des moments forts de la procédure reste la déposition d'Elhadj Mamadou Saliou Camara, l'Imam de la grande mosquée de Fayçal,
initialement perçu comme la cible des propos.
Jouant la carte de l’apaisement et du pardon, l’imam de la mosquée Fayçal demande la clémence du tribunal. « Je suis un chef religieux… le Prophète (PSL) a été insulté à la Mecque mais a pardonné. Moi aussi je pardonne. Je ne porte pas plainte contre Bella Bah. En ma qualité de chef religieux, je dois prôner le pardon. Je prie les autorités guinéennes de pardonner Bella comme je l’ai pardonné », affirme le leader religieux auprès des enquêteurs.
Malgré ce geste fort de réconciliation de la part de l'autorité religieuse, le parquet est resté d'une fermeté absolue. Lors de ses réquisitions, le ministère public a demandé la condamnation de Bella Bah à une peine de un (1) an de prison ferme. Le sort de l'entrepreneur est désormais entre les mains du juge, dont le verdict sera connu demain mercredi 19 août 2026.
Ibrahim BAH