A l'occasion des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat (JNCC 2026) au Parc des Expositions d'Abidjan, l'Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) Café-Cacao a publié,  le jeudi 3 septembre 2026, une déclaration officielle signé de son président, Diakité Issiaka, appelant à l'apaisement, à la sérénité et à la confiance vis-à-vis du gouvernement. Car, estime-t-il, le gouvernement n'est pas l'ennemi des producteurs '' . Cette intervention fait suite à la fixation du prix bord-champ du cacao à 1 200 FCFA le kilogramme (et 1 300 FCFA pour le café) pour la campagne 2026-2027. Une baisse significative par rapport aux campagnes précédentes. En effet, le blocage du prix du cacao à 1200 F CFA a provoqué une vive émotion et de la colère chez les producteurs.



Cependant, l'OIA ne désespère pas. Au contraire, elle appelle à la sérénité. Face aux tensions et à l'inquiétude du monde paysan, le porte-parole et Directeur Exécutif de l'Organisation, Mé Kouadio, a exhorté les producteurs à ne pas rompre le dialogue avec l'Etat. L'OIA invite les producteurs à ne pas céder à l'émotion ou à la colère, suite au maintien du prix du cacao à 1 200 FCFA le kilogramme, mais à faire confiance à l'Etat. Les responsables de l'Organisation ont demandé aux planteurs de faire un ''pacte de raison '' et de maintenir leur confiance dans la gestion du gouvernement ivoirien, dans une vision à long terme. L'OIA a rappelé que la gestion de la filière s'inscrit dans une '' vision de dix ans '' et non sur l'actualité immédiate, tout en soulignant que l'Etat redistribue fidèlement les gains en période de hausse comme cela a été le cas par le passé. 

L'OIA encourage les producteurs à " rentrer dans les champs avec calme " afin d'ouvrir la campagne dans la paix. Mieux, l'Organisation prône la confiance envers les autorités. 


Pour revenir sur le contexte qui prévaut, l'OIA rappelle que le gouvernement a su fixer le prix à 2 800 FCFA lorsque les cours mondiaux le permettaient. Mais les tensions sur les cours mondiaux ont créé des difficultés. D'où la situation actuelle. L'OIA demande aux agriculteurs de faire confiance à l'Etat pour leur garantir le meilleur prix possible malgré la fluctuation actuelle des cours internationaux. En ce qui concerne la valorisation de la qualité, l'Organisation invite les planteurs à maintenir la production d'un cacao d'excellence pour pérenniser le leadership de la Côte d'Ivoire sur le marché mondial.

Pour ce qui est des acquis sociaux, l'OIA rappelle les avancées obtenues pour la filière depuis 2011, à savoir la couverture totale des producteurs par la Couverture Maladie Universelle (CMU) et le maintien du Différentiel de Revenu Décent (DRD) qui octroie une prime de 400 dollars par tonne. Loin de toute polémique, l'OIA fait savoir que son action ne s'oppose pas au gouvernement, ou encore aux acteurs de la filière, mais s'inscrit dans un partenariat durable pour protéger l'outil de commercialisation national et s'assurer que l'intégralité de la récolte soit achetée, dans l'intérêt de tous les intervenants dans la chaîne de valeur.


Jean Bédhelle