Côte d’Ivoire / Mali / L’Affaire des 49 puis 46 militaires ivoiriens détenus à Bamako-Alassane Ouattara ou l’attitude de la sagesse.

Publié le : 10/11/22 - 07:46

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Texte par : Demba D DIALLO

Quatre mois jour pour jour que quarante-six (46) militaires ivoiriens sont détenus au Mali. Les négociations sur ce « malentendu » entre Abidjan et Bamako piétinent toujours malgré les bons offices.

Le Président Faure Eyadéma du Togo qui a le dossier des soldats ivoiriens en main poursuit les discussions sans relâche. Après l’échec on pourrait le dire des pourparlers entre le ministre de la défense ivoirienne et son homologue du Mali, le dialogue entre les deux États n’a pas été pour autant rompu. Cela par la volonté du Chef de l’Etat ivoirien qui a fait savoir dans l’une de ses très rares déclarations sur ce dossier que le peuple du Mali et de la Côte d’Ivoire sont un seul et même peuple et qu’il ne saurait exister de division entre eux. Mieux le président Alassane Ouattara a évoqué la question avec les membres de son gouvernement. L’objectif étant de mettre chaque ministre en mission dans la sensibilisation des populations afin que le vivre ensemble avec la très forte communauté malienne vivant en Côte d’Ivoire soit toujours maintenu.

Le ministre de la Défense qui a reçu les parents des détenus militaires à l’Etat major de l’armée avait d’ailleurs demandé aux uns et aux autres de faire confiance au Chef de l’Etat. L’appel au calme lancé par le président Alassane Ouattara aux ivoiriens a été le bien venu. Selon des sources concordantes « les chinois » c’est ainsi qu’on désigne les fans du regretté chanteur du coupé décalé DJ Arafat ont répertorié des opérateurs économiques maliens vivant au deux-plateaux. Une expédition punitive devait être lancée contre eux et leurs biens. La sortie « arrogante » de certains maliens sur les réseaux sociaux ou sur les antennes du confrère de RFI au cours de l’émission appel sur l’actualité ont irrité des ivoiriens. La « guerre » sur les réseaux sociaux entre Ivoiriens et maliens était sans gants de velours.

L’escalade verbale était perceptible ; tout portait à croire que dans les heures où jours suivants des maliens vivant en Côte d’Ivoire seraient attaqués. Le Chef de l’Etat au parfum de tout a su faire baisser la tension entre les peuples de la Côte d’Ivoire et du Mali au point qu’aujourd’hui personne n’en parle à part bien entendu les médias de temps à autre et selon l’évolution de l’actualité. La dernière information sur l’affaire des militaires ivoiriens date de la mi-octobre où les autorités ivoiriennes ont reçu par correspondance un courrier dans lequel selon des sources autorisées Bamako fait de nouvelles offres conditionnées ; à savoir la levée des sanctions économiques contre la libération des militaires ivoiriens. Cela après que Bamako ait exigé auparavant des autorités ivoiriennes l’extradition des politiques maliens dont le fils de l’ancien président malien, Karim Keita qui ont trouvé après le coup d’état militaire qui a renversé feu le président Ibrahim Boubacar Keita.

Le président Alassane Ouattara dès l’arrestation des militaires ivoiriens le 10 Juillet 2022 à l’aéroport de Bamako a gardé un calme froid. Il a dès l’entame des négociations indiqué avec courtoisie qu’il ne céderait à aucun chantage faisant savoir aux autorités de Bamako que les sanctions de la Cedeao contre le Mali et l’arrestation des militaires ivoiriens sont deux affaires distinctes. Qualifiant cette affaire de militaires ivoiriens de « malentendu », le Président Alassane Ouattara par son attitude de résoudre cette affaire par la voie diplomatique et africaine a désamorcé la bombe de l’escalade contre la communauté malienne vivant en Côte d’Ivoire. Cette communauté vivant en Côte d’Ivoire est l’une des plus forte en nombre d’habitants. Par son attitude, le président ivoirien donne une chance à la paix non seulement entre la Côte d’Ivoire et le Mali mais surtout entre la communauté malienne et ivoirienne. Si cette communauté malienne vaque tranquillement à ses occupations cela est tributaire de la gestion responsable de ce dossier par le président ivoirien. Dix ans en arrière la situation aurait été tout autre.

Monsieur Alassane Ouattara par la façon dont il gère ce « malentendu » convainc sur son affirmation d’être un houphouetiste. Une politique qui fait du dialogue « l’arme des forts » comme aimait à le dire feu le président Félix Houphouët-Boigny.

Le président Houphouët-Boigny avait tellement cultivé cette pratique de dialogue que l’ensemble du commun des mortels la qualifie de « seconde religion » de la Côte d’ivoire. Le président Alassane Ouattara qui est sur la voie, essaie de la perpétuer par son attitude d’abord avant d’inviter les ivoiriens et les non-ivoiriens vivant en Côte d’ivoire d’en faire autant. Car comme l’a chanté le reggamen ivoirien Ismaël Isaac je le paraphrase (ndlr :la chanson est en langue malinké) si tu entends qu’on dit il fait bon vivre dans un pays cela relève de celui qui est à la tête de ce pays.

Quatre mois que sont détenus les militaires ivoiriens à Bamako en dépit de tout le président Alassane Ouattara continue de dialoguer en laissant le soin au président Faure Gnassingbé du Togo « seul interlocuteur reconnu » par Bamako. Il le fait pas par faiblesse ou la peur mais par pure sagesse. Un adage africain le dit si bien les enfants savent courir mais ne savent pas se cacher. Comme dit la fougue ou la force n’ont jamais rien résolu dans la sphère des guerres ou des malentendus. Alassane Ouattara qui a été le seul premier ministre de feu le président Houphouët-Boigny a pris presque tout pris de lui. Alassane Ouattara gère ce « malentendu » entre la Côte d’ivoire et le Mali avec une main de fer dans un gants de velours. Il a fait sienne la doctrine du père de la nation ivoirienne qui répétait que « le dialogue est l’arme des forts ». Autrement dit les faibles partant de cette doctrine ce sont ceux qui incitent au chaos , au désordre pour venir après s’assoeir après autour de la table de discussion, de négociations.

J’ose croire que le jeune président de la transition malienne Assimi Goïta mettra de l’eau dans son vin, ceci dans l’intérêt d’abord du Mali et de sa diaspora malienne très nombreuse en Côte d’Ivoire.

Demba Didi DIALLO 



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