DEMOCRATIE ET CONCENSUS

Publié le : 13/06/22 - 22:02

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Adama Bictogo

Texte par : Demba Didi Diallo

Adama Bictogo a été élu président de l’assemblée nationale le mercredi 8 juin à la suite d’une élection non disputée. Les principaux partis de l’opposition siégeant au sein de l’hémicycle que sont le Pdci-rda, le Ppa-ci, l’Udpci n’ont pas présenté de candidats face au candidat du parti au pouvoir le Rhdp. Du coup l’attitude des principaux opposants au président Alassane Ouattara est brandie tel un trophée. De nombreux caciques du Rhdp se frottent les mains en affirmant que la cohésion est en marche au sein  de la classe politique ivoirienne. Faut-il considérer la décision des leaders de l’opposition de consensuelle ? Je ne le pense pas. Le soutien surtout des présidents Henri Koanan Bédié et Laurent Gbagbo à la candidature du désormais président de l’assemblée nationale est calculé et encore ici non consensuel. Car avec leur soutien ou non Adama Bictogo dont le parti est majoritaire était certain d’être élu. Les commentaires sur une soudaine cohésion de la classe politique ivoirienne n’engage que les auteurs. Le Pdci-rda avec son soutien attend le retour de l’ascenseur du parti au pouvoir. Le plus vieux parti ivoirien revendique depuis la rupture de son idylle avec le Rhdp une Commission Electorale Indépendante(CEI) « équitable » quand le Ppa-Ci a comme cheval de bataille la libération des « prisonniers politiques », des militaires notamment condamnés à vingt ans de prison pour des faits liés à la crise ivoirienne de septembre et de la crise post-électorale après l’élection présidentielle de 2010. A y regarder de près ce qui s’est passé le mercredi 8 juin 2022 n’est pas un signe de cohésion retrouvée de la classe politique ivoirienne. Certes, la démocratie est une discussion, mais une discussion pour aboutir à des lois consensuelles pour une compétition ouverte et équitable pour tous. « Une démocratie a besoin de démocrates » (Friedrich Ebert 1871-1925).


Demba Didi DIALLO

 


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